Interview : de l’idée à l’action, le Hang’ART prend vie.

Les bénévoles de Stand’UP portent le projet du Hang’ART avec passion et ambition. Retour sur la genèse de ce projet d’envergure.

 

Pouvez-vous présenter brièvement Stand’UP ?

Depuis sa création, en juin 2010, Stand’UP a développé des projets de proximité afin de répondre au mieux aux attentes des participants : après-midi jeux de société, tournois sportifs,  concerts, réveillons de Noël, etc. Au cœur de chaque évènement : l’échange et la convivialité.

Quel est le lien entre Stand’UP et le Hang’ART ?

Les bénévoles et les bénéficiaires ont exprimé de plus en plus nettement le besoin de mettre en place des temps d’échanges plus réguliers. Ils ont manifesté le souhait de se retrouver au-delà des temps d’animations proposés par Stand’UP. Or l’association ne dispose pas de local, ce qui limite grandement sa capacité à élargir ses actions à destination du grand public.

De ce constat est donc née l’idée du Hang’ART?

En faisant le bilan des événements ponctuels organisés par Stand’UP, nous sommes arrivés à un double constat : d’une part celui des limites de l’association et de l’autre celui des attentes émanant des adhérents et des bénéficiaires. L’idée d’ouvrir un Café-Restaurant a ainsi germé pour que Stand’UP puisse proposer un lieu de rencontres, d’échange et de partage dans la durée. Ce lieu permettra de poursuivre les liens créés lors des manifestations ponctuelles de l’association.

Combien de temps s’est-il écoulé entre l’idée du Hang’Art et sa concrétisation?

La première fois que le projet a été débattu en présence de tous les adhérents, c’était lors de l’Assemblée Générale de l’association Stand’UP en juin 2014. L’idée a immédiatement motivé l’équipe. Face aux questions que chacun se posait, la nécessité de se renseigner, de creuser, d’analyser ce qui se faisait ailleurs pour alimenter la réflexion s’est imposée.

Vous avez réalisé une sorte d’étude de marché…

Oui nous avons mis en place un questionnaire qui a été diffusé auprès de 500 personnes sur l’Agenais avec l’aide de jeunes en service civique missionnés pour l’occasion. Les résultats ont été présentés lors de l’assemblée générale suivante, en 2015. Ils ont en quelque sorte confirmé ce que l’on avait pu percevoir au fil du temps et des événements proposés par l’association. De nouvelles questions sont apparus notamment sur la manière de gérer une activité commerciale avec des salariés et un projet associatif porté par des bénévoles. La formule « café-restaurant solidaire » semblait être une réponse. Il ne restait plus qu’à mettre cette idée en musique.

C’est lors de l’Assemblée Générale de l’association Stand’UP en 2016 que les adhérents ont confirmé le lancement opérationnel du projet : dépôt de dossiers de subventions, structuration juridique du projet, réalisation de budgets prévisionnels, d’échéanciers, des fiches de poste, etc.

Financièrement, comment le projet s’est-il structuré ?

Fin 2016, nous obtenons une première subvention. Fort de ce soutien, nous sommes partis à la recherche de mécènes. Plusieurs fondations, entreprises locales et collectivités territoriales nous ont rejoint depuis.

En quoi le Hang’Art est-il différent des autres cafés-restaurants ?

Le Hang’ART n’a pas pour ambition ni pour vocation d’être un café restaurant comme les autres. L’un de nos premiers souhaits est que ce lieu permette à tout un chacun de s’offrir, de temps en temps, une sortie au restaurant sans que l’argent soit un frein. Pour l’ensemble de l’équipe porteuse du projet c’était un élément indispensable. Cette volonté a permis de dresser les contours de ce que serait le Hang’ART.

Pourquoi cette idée était-elle aussi important pour vous ?

Nous avons tous autour de nous des gens pour qui une sortie au restaurant représente quelque chose d’inaccessible en termes de budget. On ne parle pas de fast-food mais bel et bien de restaurant. Une sortie au restaurant est devenu hors de portée pour beaucoup et c’est d’ailleurs le premier budget sur lequel on rogne lorsque l’on éprouve des difficultés financières. Mais nous ne voulions pas faire de l’assistanat. Il a donc été décidé de créer un lieu où les moyens financiers ne seraient pas un frein tout en favorisant l’implication des bénéficiaires. C’est la raison pour laquelle, les bénéficiaires sont invités à s’impliquer en retour dans la gestion du Hang’ART et dans l’organisation des animations. Dans le cadre de ce projet, nous cherchons à toucher des personnes qui se rendent peu au restaurant mais pas uniquement. Ceux qui ont plus l’habitude d’y aller pourront découvrir un lieu où la cuisine sera quelque peu originale. En fin, nous souhaitons accueillir les personnes qui souffrent de la solitude, tout comme celles qui en souffrent moins mais qui pourront bénéficier avec le Hang’ART d’un lieu de rencontres et d’échanges.

L’autre leitmotiv du Hang’ART est d’accueillir des personnes qui souffrent de solitude. Comment allez-vous les attirer ?

Et puis, il y a le second volet, celui de la solitude. Aller au restaurant pour manger seul n’est pas une chose que tout le monde ose. Certains se privent parce qu’ils vivent cette solitude de manière douloureuse. Au Hang’ART, nous avons créé une grande salle avec une table de plus de quatre mètres de long pour permettre aux clients de se retrouver et de manger ensemble, même s’ils ne se connaissent pas. Pour créer du lien, il y a aussi tout le programme d’animations avec les ateliers, les conférences, les temps de débats qui sont autant d’occasion d’échanger. Bien plus qu’un restaurant, le Hang’ART a vocation à devenir un véritable lieu de vie et de partage.

Aujourd’hui, le Hang’ART est soutenu par XX partenaires. Comment expliquez-vous qu’autant de partenaires financiers aient décidé de soutenir le projet?

La solitude est un enjeu majeur dans notre société. En France, il existe de nombreuses structures capables de gérer la solitude pour les personnes ou les familles en situation de précarité. Or, la solitude n’est pas une question de revenue. Nous cherchions à développer un outil qui parle à tous, quelle que soit leur situation économique.

Nous sommes dans une société où la communication n’a jamais été aussi présente, aussi rapide, et ce à l’échelle de la planète. Alors que les échanges sur les réseaux sociaux se multiplient, le sentiment de solitude s’amplifie. Le besoin de véritables relations, de conversation qui font sens se fait de plus en plus ressentir. Le constat c’est que les gens semblent moins bien communiquer et dressent beaucoup de préjugés les uns envers les autres. On le voit sur la question du fait religieux, de la précarité ou du chômage. Mais quand on met des gens de différents horizons autour d’une table, qu’ils arrivent à discuter, alors beaucoup de préjugés s’effacent d’eux-mêmes. Ce sont ce type d’échanges que nous souhaitons mettre au cœur des relations humaines et ce discours parle à un public de plus en plus nombreux. Ces deux dimensions, la lutte contre la solitude et la lutte contre les préjugés ont trouvé un fort écho auprès des partenaires qui nous soutiennent. Et comme Le Hang’ART ou l’association Stand’UP, en charge de l’animation, n’ont pas pour ambition de fonctionner seuls, mais bien au contraire de fédérer toutes les bonnes volontés, nous soutenir a paru évident pour beaucoup.

Le projet est déjà bien abouti. Quels sont les besoins du Hang’Art encore?

L’ouverture du Hang’ART est prévue pour début 2018. Si tout se passe sans retards, c’est pour fin janvier. Mais avant il y a les travaux à réaliser. Les travaux débutent dès le mois de septembre par une importante partie de démolition pour laquelle toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. En effet, pour réaliser le chantier, nous avons mandaté des entreprises mais nous aurons également besoin de nombreux bénévoles pour les travaux de démolition, de peinture, de nettoyage, de jardinage, etc.

En parallèle, nous commençons à penser au recrutement des salariés et au programme d’animations et d’ateliers. Dès que nous serons en capacité d’ouvrir, nous souhaitons que le lieu puisse être rapidement animé, investi par des bénévoles et proposer une bonne variété d’animations. Là encore, cela dépend de l’implication de chacun que nous espérons rapide et nombreuse.

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